Originalité de KEAV

 

Setu ur pennad e galleg savet evit displegañ petra eo KEAV d'ar re n'int ket brezhonegerien.
Ci-dessous un article en français pour donner quelques renseignements sur KEAV à ceux qui ne sont pas bretonnants.
  
KEAV : une école d'été en langue bretonne depuis 1948. KEAV (initiales de Kamp Etrekeltiek Ar Vrezhonegerion, "Camp Interceltique Des Bretonnants") organise tous les ans, sans discontinuité depuis 1948, un stage de breton dont la particularité est d'offrir aux stagiaires, pendant un moment trop court, hélas ! (2 ou 3 semaines seulement), une occasion de parler uniquement breton, dans une région où la langue bretonne est toujours vivante. Nous effectuons ainsi un humble travail de fond, souvent ignoré des médias, à l'écart des festivités estivales dont les pages des journaux locaux se font surtout écho ...
  • Bref historique.

 C'est en 1948 que trois militants culturels bretons, Vefa De Bellaing, Xavier de Langlais et Ronan Huon fondent KEAV, et créent ainsi la première école d'été (Skol-Hañv) en langue bretonne. L'idée était particulièrement osée à l'époque et pourtant, quoi de plus formateur, efficace et évident que d'utiliser uniquement la langue cible comme langue de communication. Jusqu'en 1976, l'école d'été s'est tenue tous les ans dans une ville différente de Bretagne. Depuis cette date, le stage se déroulait régulièrement à Scaër, petite bourgade de Cornouaille. L'école Saint Alain nous avait d'abord abrités pendant des années, puis, lorsque le nombre des stagiaires avait atteint la centaine et plus, la mairie avait mis l'école primaire Joliot-Curie à notre disposition. Puis en 2008, nouveau changement, nous migrons pour l'école d'agriculture du Nivot près de Braspars dans le Finistère.

  • Nos objectifs, nos buts.

 KEAV est une école d'été en breton où tous les participants acceptent librement la règle de ne s'exprimer qu'en breton. Un minimum de connaissance et de pratique est donc requis de la part des participants car, sans les structures grammaticales de base, sans le vocabulaire de première nécessité, il leur est impossible de ne s'exprimer qu'en breton et ainsi de tirer profit de leur séjour. Il existe bon nombre de stages pour débutants qui font un excellent travail et qui sont tout à fait adaptés à ceux qui débutent. Le but de KEAV est de permettre aux stagiaires de s'exprimer en breton, un breton "standard" et lettré, certes, afin de pouvoir s'exprimer dans toutes les circonstances de la vie quotidienne, mais puisant aussi ses racines dans le breton populaire parlé en Basse-Bretagne. Les stagiaires seront donc initiés tout à la fois au breton littéraire, ce qui leur permettra d'apprécier des pans entiers de la culture bretonne souvent ignorés, et aux parlers locaux afin de pouvoir tisser et renforcer les liens avec les bretonnants de naissance. Les cours et activités diverses sont organisés en conséquence. Concerts, conférences, spectacles – en particulier du théâtre  – et des rencontres avec des bretonnants des environs sont au programme.

  • L'hébergement

La mairie de Scaër mettait à notre disposition un grand complexe scolaire dans une enceinte verdoyante qui se prêtait bien à l'organisation complète du stage, évitant ainsi des déplacements inutiles. Les salles de classes étaient nombreuses. Les repas étaient pris en commun dans la cantine municipale qui assurait un service de qualité dans une atmosphère cordiale. L'hébergement, un peu spartiate, mais que la mairie améliorait tous les ans, se faisait en dortoirs, compartimentés en boxes de quatre lits ; quelques chambres individuelles étaient réservées aux familles et aux personnes âgées. Un foyer réunissait les stagiaires le soir et un petit amphi servait de salle de réunion. Depuis 2008, l'école d'agriculture du Nivot qui nous héberge nous offre un lieu idéal pour toutes nos activités. Certes l'endroit est un peu plus isolé mais les salles de classe et l'hébergement sont mieux adaptés, plus confortables. Il y a des chambres individuelles ou à deux voire 4 lits avec douches, un grand foyer et une salle de spectacle avec une scène. La restauration collective sous forme de self est pratique quoique moins conviviale qu'une cantine.

  • Les activités en dehors des cours.

 Des spectacles – concerts et surtout des pièces de théâtre – ouverts à tous étaient proposés tous les ans à la salle festive en centre ville, baptisée salle Youenn Gwernig en 2007.  Tous les 2 ans, KEAV organisait une foire aux livres ouverte à tous les bretonnants dans le gymnase de l'école. Nous profitions de l'occasion pour inviter des auteurs et éditeurs à venir rencontrer leurs lecteurs. Au Nivot, la salle de spectacle à l'intérieur même de l'établissement facilite l'organisation de spectacles et les gens du pays n'hésitent pas à y venir. Le gymnase du Nivot se prêterait bien à une foire aux livres si toutefois nous décidions d'y rester.

  • L'encadrement de KEAV.

 Les encadrants sont tous des bénévoles qui consacrent une partie de leurs vacances à l'enseignement du breton. Ce sont des militants culturels qui mettent à la disposition de KEAV leur professionnalisme et leurs compétences. La plupart sont titulaires d'une licence de breton ou d'un CAPES, enseignent dans l'Education Nationale, écoles privées, à Diwan ou dans des structures de formation telles que Roudour, Stumdi, Skol an Emsav, Sav Heol, ou divers cours du soir. L'accent est mis sur la langue parlée et les enseignants utilisent des méthodes pédagogiques basées sur la participation active des stagiaires. Tous les ans, KEAV propose un stage de formation à ses enseignants afin d'assurer un meilleur enseignement et une plus grande cohésion.

  • Les participants.

Depuis 1948, ce sont une centaine de personnes par semaine, voire plus, qui participent au stage. Si la majorité est constituée de Bretons originaires des 5 départements bretons, l'émigration bretonne a toujours été fortement représentée. Mais tous les participants ne sont pas Bretons, loin s'en faut. Certains viennent de France et n'ont aucun lien familial avec la Bretagne, d'autres sont des Celtes (Pays de Galles surtout), d'autres sont Anglais, Américains, Allemands ou Japonais selon les années. Toutes les tranches d'âges sont représentées, les enfants des stagiaires ou enseignants y sont accueillis (encadrés par des moniteurs dont certains ont un BAFA). KEAV accueille des gens de tout horizon, tous unis par ce même désir de ne s'exprimer qu'en breton, quel que soit leur niveau. Pour plusieurs d'entre eux, qui pratiquent peu pendant l'année, c'est une occasion unique de progresser dans leur maîtrise de la langue, et de faire connaissance avec d'autres apprentis bretonnants.

  •  L'originalité de KEAV.

Malgré le grand nombre de stages de breton proposés tout au long de l'année à travers toute la Bretagne, KEAV reste une organisation tout à fait à part pour plusieurs raisons : d'abord cette règle du « Brezhoneg hepken » (le breton seulement) qui depuis ses débuts, il y a plus de 50 ans, fait que le breton est la seule langue du stage, non seulement pendant les cours mais aussi et surtout à travers toutes les autres activités (ateliers de chant, danses, jeux, promenades, visites...). Ensuite la qualification des enseignants qui pratiquent la langue bretonne au quotidien : ils sont à la disposition des stagiaires y compris en dehors des cours proprement dits ; les activités nombreuses et diverses laissent peu de temps morts, et impliquent un investissement très important de l'encadrement.  KEAV n’est affilié à aucun parti politique  – les participants, stagiaires et encadrants, de leur côté, peuvent évidemment exprimer leurs opinions mais respectent les croyances et convictions de chacun, ne font pas de propagande pour tel ou tel parti et suivent les règles habituelles qui régissent toute communauté. Mais KEAV entend néanmoins ne pas couper le stage des problèmes linguistiques, sociaux et politiques du mouvement breton et de la Bretagne d’aujourd’hui.

C’est pourquoi KEAV accueille toute proposition de conférence ou d'exposé en langue bretonne de la part d'organisations se situant sur le terrain démocratique – dans les limites des possibilités laissées par les nombreuses activités pédagogiques. KEAV ne reçoit aucune aide financière de qui que ce soit, ce qui nous assure une indépendance totale dans nos pratiques pédagogiques et culturelles. Notre engagement : défendre et promouvoir la langue bretonne. Enfin, KEAV reste un stage dont le prix est modique grâce au travail des bénévoles et à l'accord trouvé avec le lycée de l'Aulne de Châteaulin (et précédemment, avec l'école d'agriculture du Nivot en 2008 et avec la municipalité de Scaër jusqu'en 2007).

Dernière mise à jour : ( 15-02-2010 )